Je reviens de ma première journée de formation d'assistante maternelle enchantée.

Enchantée de découvrir un nouvel univers d'abord, parce que je suis comme ça, j'aime les découvertes, j'aime le changement. Enchantée de rencontrer des gens, enchantée aussi que le groupe soit mené par une psychologue intéressante et pas fermée dans un discours stéréotypé comme c'est trop souvent le cas (j'ai vu trop de psy en tout genre spécialistes des enfants, qui derrière leurs courants de pensée ne font rien d'autre que se présenter aux familles comme des supra parents qui sauraient ce qui se fait et ce qui ne se fait pas en matière d'éducation.... je les fuis.....)

Le discours institutionnel que l'on nous a tenu milite en faveur du respect du bébé. Respect de ses rythmes, de ses émotions, respect du parent qui l'accompagne.... (fondations qui s'étiolent malheureusement à mesure que les bébés grandissent et deviennent des enfants et des ados -qu'il faut cadrer, éduquer, instruire.... au détriment de leur développement physiologique et de leurs élans spontanés. C'est un autre débat.-)

Bref, hier j'ai enfin entendu que "respecter l'enfant", "écouter ses émotions","ne pas le violenter","ne pas le punir" n'étaient pas des gros mots. La "violence éducative" existe, elle est nommée, reconnue et combattue. Je ne m'attendais pas à une prise de position institutionnelle aussi marquée. J'ai été agréablement surprise.

Le bébé est un être plein, un être entier. La revalorisation du métier d'assistante maternelle depuis 2012 (formation obligatoire, contrats de travail minutieux, droits et devoirs de l'assistante maternelle) permet cela aussi: donner au tout petit enfant une existence, une légitimité, dénoncer les violences qui lui sont faites, parler d'adaptation ,de respect, de physiologie. L'assistante maternelle a pour rôle (comme n'importe quel professionnel de la petite enfance) d'accompagner l'enfant dans ses besoins, dans l'expression de ses émotions, dans ses progrès comme dans ses regressions jusqu'à ce qu'il soit prêt (à manger, à aller au pot, à mettre des mots sur son ressenti...), l'aider à s'endormir, veiller à sa sécurité physique et affective.

Elle n'a le droit ni de le forcer, ni de l'humilier, ni de le bousculer. Punir, mettre au coin, fesser, taper la main sont reconnus comme étant des violences faites à l'enfant. C'est un interdit formel et officiel. Ce qui est encore admis en France au sein de la cellule familiale devient un interdit dans la sphère professionnelle. Je prends cette dynamique-là comme un tremplin à saisir pour aprofondir les convictions qui m'animent déjà et les offrir aux familles que je rencontrerai, en toute légitimité, dans une relation directe de personne à personne. Ca me plait.

On a évoqué la difficulté de certains parents à se détacher parfois, à confier leur enfant à une tierce personne.  Je n'ai ressenti ni jugement ni injonction de séparation telle que j'ai pu la déplorer au sein de l'éducation nationale. Les parents ont un rôle à part entière à jouer auprès de leur enfant. L'assistante maternelle n'est pas là pour séparer mais pour permettre un relais secure. Je préfère. 

Confier son bébé à quelqu'un... Qui dit confier dit confiance. Je suis contente aujourd'hui de pouvoir tenir ce rôle-là..

Pendant cette première journée de formation, j'ai été ravie de rencontrer des assistantes maternelles aux parcours professionnels variés, ouvertes au dialogue et à la remise en question et ayant à coeur le bien-être des enfants. Ces femmes (puisqu'il n'y avait que des femmes, mais il y a aussi quelques hommes parfois parait-il!) cherchent à allier leur vie personnelle à leur vie professionnelle, elles ont conscience des besoins de leurs propres enfants en terme de présence, d'attention, et de stabilité. J'ai pu parler sans passer pour une extra-terrestre de mes idées et de mes idéaux. En me présentant aux autres, les mots sont venus d'eux-mêmes, forts du chemin parcouru depuis mon choix de reconversion. Je sais pourquoi je suis là aujourd'hui. Peu importe le temps que j'y resterai.

J'ai l'impresession d'avancer sur un chemin qui me va bien, l'impression de pouvoir semer des graines et ça me plait. Parler de violence éducative ordinaire, parler du respect de l'enfant, respect de son corps, respect de ses émotions, partager mes convictions, pourquoi pas présenter certaines lectures ou parler de la conférence PaMaNa à venir "Fesser, punir, mettre au coin... et si on faisait autrement?" 

Ces sujets-là concernent les parents, mais aussi les professionnels de l'enfance, quels qu'ils soient....

 

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